samedi, août 06, 2005

· curriculum et textes des expositions



Nace en Lautaro en Chile en 1971.

Estudia arte en la Escuela Nacional de Arte, Cuba y en el Bellas Artes de Bordeaux, Francia

contact: nortonmaza@yahoo.es

Selección resumida de exhibiciones


· EXPOSITION COLLECTIVES

2005
·Territory (Deuxième étape), Biennale d'Art Manif, Québec, Canada
.Valeurs , Sélección de la Biennale d'Art de Serbie Valeurs, ADDC, Espace Culturel François Mitterrand, Périgueux, France

2004
·Territory (Première étape), Biennale d'Art Valores, Pancevo, Serbie
·La distancia recorre un tiempo, un tiempo acabado por la distancia, Centro de Extensión de la U. Católica, Chili

2002
·La necesidad de jugar, ADDC, Espace Culturel François Mitterrand, Périgueux, France
·Sólo se Conoce Bien lo que se ha Visto Nacer , Museo de Arte Contemporáneo, Santiago, Chili

2001
·Las Cosas no se Traducen en Ejercicios, Museo Tajamares, Santiago, Chili

2000
·III Bienal, Temuco, Chili

1999
·Sur o América, Galería Bucci, Santiago, Chili
·Geometría Transitoria, Galería Instituto Chileno Norteamericano, Santiago, Chili

1998
·Anamorfosis, Museo de Arte Contemporáneo, Santiago, Chili

1997
·Bienal Günter, Museo Nacional de Bellas Artes, Santiago, Chili
·Salida al Aire, Galería Bucci, Santiago, Chile

1995
·Soporte Provisorio, Corporación Cultural de Nuñoa, Santiago, Chili
·Bienal Günter, Museo Nacional de Bellas Artes, Santiago, Chili

1994
·Concurso Nacional de Arte Joven,Valparaiso, Chili

1993
·Galerie Pictura, Bergerac, France

1988
·Salón Fidelio Ponce, Camagüey, Cuba


· EXPOSITION INDIVIDUELLES

2004
·Apnée, Centro de Arte contemporáneo Le Creux de l’enfer, Thiers, France

2001
·Pulsaciones, Centro de Arte la Perrera, Santiago, Chili

1998
·Maní Salado Confitado a Cien, Museo de Santiago, Casa Colorada, Chili

1993
·Festival de Derechos Humanos y Cultura del Mundo,París, France

1990
·Centre Culturel Terrasson, Terrasson, France

1989
·Galería Centro de Arte, La Habana, Cuba

1987
·Museo Ignacio Agramonte, Camagüey, Cuba


· D’AUTRES INTERVENTIONS

2004
·Ideologías Recurrentes, Creación para la revista, ESSE art+opinions, Montréal, Canada


· PUBLICATIONS

2005
·Norton Maza, Catálogo de la colección « Me pas a ne pas faire au Creux de l’Enfer », Francia

2004/5
·Publicación en diversas revistas especializadas tales como : Artpress, Esse art+opinions, Parachute, etc….

· PRIX ET BOURSE

2004
·Beca de Creación, Residencia de artista, Periguex, Francia

2001
·Premio Fondart, Ministerio de Educación, División de Cultura, Santiago, Chile

2000
·Mención Honrosa, Bienal de Temuco,Temuco,Chile


· COLLECTIONS


Su obra se encuentra es diversas colecciones, tales como:

FRAC, fondo regional de arte contemporáneo de Limoge, Francia

Conseil General et Association Départamental de Développement Culturel (ADDC) de la Dordogne, Francia

En diversas colecciones privadas en Chile, Francia, Canadá, Inglaterra, etc..



·TEXTES DE DIVERS EXPOSITION


TEXTES DU CATALOGUE DE LA COLLECTION « MES PAS À FAIRE AU CREUX DE L’ENFER »
En français, espagnol et angle

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NORTON MAZA SCULPTE LES CULTURES HUMAINES.

Le télescope Yepum, l’un des quatre télescopes géants de l’ESO (European Southern Observatory) installé au sommet de Cerro Paramal dans le nord du Chili a obtenu récemment la première image d’une planète hors du système solaire par une méthode indirecte ; et c’est sur les conseils de Michèle Grellety que Norton Maza a pris contact avec moi en 2002. Cet astre-là, même sans télescope, m’a intrigué de suite, sachant que l’artiste et son œuvre dégagent une véritable force gravitationnelle. Rapidement, j’ai pu organiser un projet d’exposition au Creux de l’enfer avec les collaborations enthousiastes des «Résidences de l’Art en Dordogne», et de Jean-Paul Dumas pour le Centre culturel de Terrasson-la-Villedieu. Norton Maza a ainsi pu préparer un projet ambitieux, en s’impliquant comme toujours réellement beaucoup, et en bénéficiant aussi de soutiens extérieurs, comme la société de thermoformage plastique AOT à Thiers.

L’itinéraire peu classique d’un artiste
à la pensée et à la pratique omelette

À l’âge de 5 ans, Norton Maza arrive en France où ses parents en exil s’installent à Bordeaux. Quatre ans plus tard, la famille part vivre à Cuba où il entame, de 1983 à 1985, une formation à l’école élémentaire d’art de La Havane. Ses études se prolongent à l’école nationale d’art du pays où il obtient en 1989 le diplôme de professeur de peinture et dessin. Cette même année, il retourne en France où il suivra sur deux ans des études à l’Ecole des Beaux-arts de Bordeaux. En 1994, il part pour Santiago au Chili où il réside actuellement. En 2001, au Centre d’art Perrera au Chili, un ancien abattoir pour chiens, il présente «Pulsaciones», une installation sculpturale époustouflante. 24 boîtes de bois et de verre de 40x30x30 cm contiennent chacune un cœur humain différent. Les matériaux de ces sculptures, en relation à la force du sujet, prennent alors une dimension inattendue, révélant dans la texture et la couleur, la qualification d’une valeur humaine : cœur en silicone, cœur en ciment, cœur en fil de fer, cœur en bois brûlé, cœur en aluminium fondu, cœur bariolé de laine tricotée, cœur en cuivre riveté, cœur en osier tressé, cœur en petits jouets accumulés, cœur en cuir, cœur en fragment d’étoffes peintes... C’est autant de cœurs humains bricolés, merveilleusement façonnés d’un savoir-faire adroit et varié, que l’artiste maîtrise ou apprend à maîtriser, et qu’il étreigne dans la matière même pour évoquer le nuancier complexe des passions humaines. Norton Maza construit encore des objets, sorte de sculptures-jouets au statut indécis, à la fonction faussée, comme les enfants en fabriquent eux-mêmes quand, faute de moyens, ils en sont privés. C’est ainsi que l’artiste crée ses sculptures en matériaux hybrides et dans une perspective écrasée, mi-archaïque mi-plastique, mi-militaire mi-salutaire : autobus, charrette à bras, avion de chasse, tractopelle, vélocipède, hélicoptère, camion à benne. Des évocations qui traduisent encore la diversité de l’invention humaine quant il s’agit de se déplacer ou de travailler (l’énergie de l’artiste est sans limites!) : machine de guerre ou engin de chantier, véhicule de transport en commun ou individuel, voiture de marchandise… Bref, c’est autant de valeurs ajoutées qui viennent souder l’hybridation des cultures à celle de l’économie. L’essentiel du projet de Norton Maza est de reconstruire un monde entier, une culture omelette composée de ses multiples richesses humaines, avec des matériaux trouvés dans les régions qu’il traverse, et en faisant ressentir les difficultés ressenties par les pays en voie de développement.

Apnée : une sorte de réseau sanguin
aléatoire et transparent

L’espace alloué à l’artiste au Creux de l’enfer étant proche du niveau de l’eau, un élément déterminant du site, Norton Maza a choisi ce thème comme sujet de travail pour son intervention. L’œuvre aquatique, intitulée Apnée, est formellement surprenante. Fonctionnant avec une pompe en circuit fermé, elle convoque autant les techniques de la céramique et de thermoformage, le modelage que le bricolage, que des matériaux de récupération. L’installation représente quatre figures de féminité issues des quatre orientations du monde. Posées sur un socle à quatre pieds diversement stylisés, chacune sous une cloche-aquarium en Altuglas, elles sont à un rythme régulier, un moment en apnée, un moment privées d’eau. Elle évoque ainsi, dans la séparation des éléments primordiaux, autant l’absence de fertilité d’une terre sans eau que l’assèchement de la mentalité des puissants. Un circuit de tuyauterie alimente chacune de ces figures de terre cuite. Il dessine sur le sol une sorte de réseau sanguin aléatoire et transparent, avant de s’engouffrer dans un bassin improvisé et pollué d’objets abandonnés, roue de voiture, planche de bois, gamelles, débris de pierre, de vaisselle et de fer rouillé.

Pour un devenir artistique animé d’un moteur trépidant

Depuis l’artiste a participé à d’autres expositions dont la Biennale de Pancevo en Serbie, Mauricio Bravo Carreno en a rédigé dans cet ouvrage une excellente analyse. À cette occasion, Norton Maza rencontre Daniel Buren, et celui-ci l’encouragera dans la réalisation d’un autre projet. Pour le philosophe Paul Ricœur, il est bon de «faire de sa vie un roman», et de penser en dialoguant : dialoguer avec les vivants, avec les morts, avec les savants et les moins savants. L’œuvre de Norton Maza, dans ses propositions formelles, parle et partage généreusement. Elle répond par là autant à la nature chaleureuse des habitants de son pays, qu’à la nécessité personnelle de se construire une identité universelle en réponse à celle, plus individualiste, de nos sociétés technologiquement avancées. L’artiste est d’abord une identité qui produit une œuvre et dont l’œuvre en est le produit. Certaines techniques archaïques seront plus vivantes, tels ces vieux moteurs à quatre temps. Autant dire que Norton Maza, avec son prénom insolite, chevauche avec les matériaux qu’il bricole la même moto mythique utilisée par Alberto Granado et Ernesto Guevara pour traverser le Chili, et pour un destin artistique qu’on augure tout aussi trépidant.

Frédéric Bouglé, 2005


MAZA – ENTRE LES REVES DE LA MATIERE ET L´INCONSCIENT DU CAPITAL.


« La subjectivité collective régie par le capitalisme se polarise à l’intérieur d’un champ de valeur riche/pauvre, autonomie/assistance, intégration/désintégration. »
Félix Guattari

Notre monde est devenu peu à peu un grand magasin, plein de provisions, de matières premières et de surfaces à exploiter. Dans ce lieu où a été assignée aux choses, aux personnes, aux désirs et aux rêves une valeur d´échange, il ne paraît exister aucune expérience autre que la codification du capital. Ce monde plongé dans l´homogénéité et la standardisation du réel constitue le fil conducteur de toute l’œuvre de Norton Maza, puisqu’on peut y voir clairement un jeu ironique dans lequel les besoins et les désirs de l’homme d’aujourd’hui se réalisent et s´accomplissent paradoxalement dans un espace fantasmatique parsemé de contradictions, de violences et de non-sens.
En effet, les mondes évoqués par l´artiste se révèlent toujours par le biais de processus formels qui parodient l´abondance artificielle du capital, donnant à voir au contraire une zone de richesse autre étayée par la créativité toujours renouvelée du magma social. Je veux dire en cela que l´esthétique mazienne a son fondement dans la mise en scène et en être de matérialités symboliques ratées et de déchets sémiotiques qui ont été opportunément omis et abandonnés par les logiques systémiques de l´économie globale. Son travail fait exister et codifie un ensemble d’expériences et une masse de représentations superposées ou cachées au plus profond de notre inconscient collectif. L’œuvre se transforme ainsi en un acte complexe, rituel-critique, qui essaie, en y parvenant toujours, d’exorciser le caractère spectaculaire de la richesse en dévoilant la densité de l’aura contenue dans ses excédents symptomatiques.

Envisager de cette manière l’œuvre de Norton Maza, c’est situer son discours dans la pensée de Bataille, dans la mesure où le propos de l’artiste est de traquer dans l’exercice totalisant de la consommation ses aspects maudits, c’est-à-dire de trouver une dimension ontologique justement là où la praxis de l’être pourrait paraître succomber à la banalité de la transaction en série. Ce qui est donc recherché, c’est l’autre économie, celle qui se développe dans les aspects discontinus, bas et informes du réel, et qui se situe aux bords – aux marges – du capital. C´est justement dans ces territoires, entre guillemets « maudits ou de rebut » du sens, que l’artiste cherche et trouve les matérialités lui offrant tout ce dont il a besoin pour construire ses scènes, imposant ainsi aux représentations techniques de l’information un facteur d´altérité poétique qui ouvre sa trame à l’incursion d'actes excessifs et de démesure existentielle.

De mon point de vue, l’ensemble de ces actes critiques vise précisément à mettre en question les trames idéologiques qui sous-tendent nos catégories et nos critères de valeur ; bien plus encore, l’exposition de leur nature fausse et artificielle nous montre au contraire jusqu’à quel point de telles agglomérations symboliques sont la conséquence directe d´une série de processus artificiels, dont la finalité n´est autre que de fabriquer des instances de désir et de besoin dépourvues d’un noyau pulsionnel circonscrit dans un espace, un corps et un temps réels.

Tout le monde sait bien que l’efficacité des icônes de consommation réside dans leur pouvoir à annihiler toute notion de territoire, c’est-à-dire que leurs formes (idéalisées) et leurs contenus ont été dessinés pour provoquer sur l´individu une expérience de séduction vide où les désirs éveillés par l´image agissent en l´absence de tout endroit possible, sans frontières déterminées et sans liens référentiels reconnaissables. Les significations pulsionnelles promues par les médias opèrent comme des vecteurs de dissolution, en générant sur les spectateurs des expériences abstraites qui ne peuvent structurer un retour identitaire. Ce qu’il est important de souligner ici – point indispensable pour bien comprendre le sens social et anthropologique de l´œuvre de Maza –, c´est que le caractère ou le telos [c’est-à-dire le but*] du capitalisme dans sa version avancée, est la clôture programmée de l’individu ou, ce qui revient au même, de sa volonté politique.

Cette série de changements survenus à l’échelle mondiale et ses conséquences néfastes sont quelques-unes des problématiques soulevées par l’artiste dans son œuvre Apnée. Les effets traumatiques du capitalisme avancé y convergent dans la création d’un espace rituel dont le sens métaphorique est en relation directe avec des situations d´une fragilité extrême qui structurent nos environnements les plus immédiats. Effectivement, Apnée est une œuvre dont le noyau thématique est le manque d’eau ou la sécheresse ; on peut la considérer par conséquent comme un dispositif plastique qui fait de l´épuisement inévitable de cette ressource naturelle une icône efficace pour incarner l´irrationalité ou le non-sens inhérents aux occupations collectives. Je pense que cela est dû au fait que l’œuvre en question offre deux grilles de lecture très précises, l’une liée à l’action de s’immerger, en demeurant complètement entouré d´eau, isolé dans une sorte de forteresse liquide, et l’autre apparentée aux traces de vie créées autour d’un élément vital. Les deux situations plastiques et symboliques se révèlent grâce à la construction d´un système hydraulique dans lequel des scènes domestiques reproduites en argile séché confluent avec un espace géométrique composé d´une double paroi (vitrines) en Altuglas qui les contient. Ce qui est intéressant ici, c’est l’apparition d’une double signification ; en effet, dans Apnée, c’est l’eau qui est en excédent par rapport à l´image, mais c´est aussi ce qui la protège, en lui donnant la valeur iconique mentionnée plus haut. Grâce à cela le résultat obtenu visuellement fait ressortir une forte tension entre la tragédie représentée par les figures et le gaspillage sous-jacent aux mécanismes propres de l´installation. Maza, de cette façon, nous introduit dans une expérience de l´art qui envisage de transformer sa propre praxis en un exercice producteur de perceptions socialement contradictoires. D´un point de vue plus narratif, la confluence simultanée de deux réalités extrêmes nous indique que les risques auxquels est confronté le sujet contemporain sont ceux de la vie et de la mort, mais aussi que ces mouvements, dans leur tréfonds, s’admettent dans l’existence ou l’inexistence de l’humain. Entre l’être et le non-être, circule l’eau de Apnée, faisant de ce passage un drame chargé de mystère. Mais dans le même temps, son flux continuel donne à voir les absences et les présences, les fantômes, et tous ceux (anonymes) qui habitent un espace social anéanti et violenté par les besoins funestes imposés par une extériorité qui ne leur appartient pas. La catastrophe interprétée par Maza est maintenant une crise qui s’étend à toutes nos expériences de vie, et consiste en l’ouverture silencieuse d’un vide qui nous enrobe en nous enveloppant de sensations de perte et de déracinement. La beauté minimaliste de la pièce réside précisément en cela, dans la précarité sophistiquée de son langage, dans cette manière de dire en chuchotant le destin maudit et absurde de nos rêves de survie.

S´il est bien certain que Apnée pose des problèmes critiques très pertinents, il ne faut pas oublier que la production de Maza se nourrit fondamentalement de la mise en scène d´instances matérielles situées bien au-delà des politiques dicibles du marché. Je suggère ce qui suit à partir de l´observation des procédés mêmes utilisés par l’artiste pour la fabrication de ses installations, méthodes en relation intime avec des techniques, des images et des matérialités provenant de l´enfance. Cette appropriation affirmée d’un imaginaire primaire, archaïque et élémentaire permet à l’artiste non seulement de structurer un agencement expressif plein de signes corporels et de références biographiques, mais aussi de développer des contenus et des signes errants qui par leur propre agressivité ludique articulent un ensemble de fissures conceptuelles et d’associations ontologiques emplies d’altérité. Il ne fait aucun doute que ces données ne sont pas anecdotiques, dans la mesure où elles constituent les principaux moyens dont dispose l’artiste pour procéder au dévoilement du noyau intentionnel du pouvoir. Dans ses travaux antérieurs, Norton Maza a démontré qu’il était un habile fabricant de jouets et un concepteur caustique de règles du jeu ; mais de quelles règles et de quels jouets parlons-nous lorsque nous réfléchissons sur les installations de Maza ? Évidemment les jeux, les jouets et les règles ici traités sont le contre-pied parodique de ceux qui sont utilisés dans le scénario ou le manuel de la culture globale ; je crois même que leur intervention poétique affecte en tout premier lieu les mécanismes et les fonctions d´une machinerie politique qui se sert de nos biens, de nos paroles et de nos émotions pour élaborer des cartes de soumission qui délimitent des espaces de conduite stricts, en marge des sentiments de solidarité sociale.

Et pourtant les dites intuitions plastiques atteignent une signification archéologique très complexe à partir du moment où elles sont insérées dans des systèmes alternatifs de représentation qui donnent à voir un spectacle saturé d’organicisme mais non pour autant dénué d’histoire. Ces aspects, dont la nature archéologique se rapporte à la mise au jour d’un abject social caché (ruines, résidus), me paraissent d´une importance fondamentale dans la mesure où ils révèlent l’existence de flux narratifs qui sont restés sans traduction et ont fini par être étouffés à l’écoute des masses médias. Les histoires trouvées par Norton Maza dans les vestiges des centres urbains se transforment en mythes contingents qui racontent, dans leur dénuement, des pertes, des rencontres, des séparations subjectives par rapport à la réalité.

Territory est une œuvre privilégiée pour réfléchir aux conflits évoqués plus haut puisque, dès son titre, elle nous suggère deux choses : en premier lieu le besoin d’établir des espaces de bien-être symbolique plus en accord avec l’instabilité de nos vies actuelles, en provoquant chez les spectateurs des expériences nouvelles d’enracinement et d’appartenance ; en second lieu, l’œuvre nous associe à un espace de représentation libéré des déterminations fonctionnelles de l´image contemporaine, et qui expose au contraire sa vraisemblance indéchiffrable. Les deux instances possèdent un substrat archéologique très complexe dans la mesure où elles présupposent les capacités de dispositifs d´échange symbolique fondés exclusivement sur le pouvoir singularisant de la matière. Ces questions renvoient directement aux formes archaïques qui peuvent à nouveau signifier le réel ; ce que Maza accomplit en effet en reproduisant (tout en lui donnant corps) l’image publicitaire d’une cuisine américaine, c´est l’édification d’un totem producteur de lieu. Ces gestes propres à une activité chamanique possèdent un sens géopolitique radical car leur déploiement visuel mobilise des forces (manas) qui annulent, magiquement, les effets « déterritorialisateurs » de son image matrice en installant la fissure qui fait défaut dans le miroir de la production. Pour mieux comprendre ces déplacements critiques, il est pertinent de faire allusion à certains processus formels qui constituent l’ossature matérielle et sémiotique de l’œuvre. Deux aspects me semblent particulièrement intéressants : le premier se réfère à la carte imaginaire faite de cordes qui recouvre la totalité de l´installation, et le second concerne l’utilisation de cartes de visite ou de laissez-passer suspendus qui portent le tampon de la biennale ainsi qu’un texte poétique qui fait le commentaire subjectif des matériaux utilisés dans l’œuvre et de l’image publicitaire se référant au projet. Ces trois éléments qui apparaissent simultanément en délimitant un espace théorique opposé à celui du capital, permettent au visiteur de se rendre pleinement compte du caractère irréconciliable des deux réalités. Mais ils renforcent le contenu du message en montrant que l´espace proposé est le reflet fidèle d´un réel illusoire, c´est à dire, l´inversion exacte d´un rêve numérique d´habitabilité. Évidemment ce qui est assigné par l’artiste se constitue de cette façon, en une sorte d’usine de sensations retrouvées dont la plus-value, dédiée à l’être, servirait à produire des univers référentiels inédits et des mémoires poétiques absolument nécessaires aujourd’hui. Mais il s’agit aussi d’une expérience qui permet à chacun de redécouvrir (en lui-même) des zones d´intimité perceptive au travers desquelles il est possible de recréer ses désirs à partir de l’exploration sans limite de son devenir individuel.

Parmi les lieux communs qu’il explore et questionne, l’artiste aborde le sujet de l’immigration clandestine, sujet délicat s’il en est puisqu’il suppose la montée en puissance de nouvelles formes de violence sans aucun équivalent historique. Il est indiscutable que les raisons qui poussent à voyager aujourd’hui sont en train d´être déterminées par nos aspirations à vivre mieux. En effet, nous désirons tous arriver dans cet endroit idéal promu par les médias globalisés où toutes les possibilités sont à notre portée et dans lequel les rêves ont cessé d´être des phénomènes vagues et nocturnes pour se réaliser dans la splendeur fonctionnelle d´une ville inconnue. Mais ils sont aussi la conséquence directe de plusieurs flux de pouvoir qui tissent un espace social illégitime fondé sur la complicité des dominés et des dominants. Dans le fond nous sommes tous les victimes du même message qui nous dit que le plein épanouissement de l’être se situe toujours dans un au-delà technique éloigné de notre lieu d´origine. Je crois ne pas exagérer en envisageant les phénomènes d’immigration comme des phénomènes de fermeture existentielle. En effet, une personne qui doit s´éloigner de sa terre pour des raisons économiques, politiques, raciales ou religieuses devient peu à peu un paria dont les ancrages ontologiques ont été dissous dans leur totalité. De cette façon, sans lieu, sans biens et sans liens affectifs solides, il reste à l’écart de toute forme de représentativité sociale. Cet individu, politiquement désemparé, dépourvu d’agents identitaires reconnaissables, ne peut faire valider sa présence-devant-les-autres sur le plan de l’égalité et de l’authenticité. C’est pour cette raison que sa vie demeure une expérience interdite et qu’il reste reclus dans un espace de négativité symbolique. Là où ce phénomène est le plus concret c’est dans la forme actuelle d’organisation sociale qui est en train de générer, selon les caractéristiques mentionnées plus haut, une sorte de subjectivité fracturée justement dans ses désirs et ses requêtes d’expression, en produisant l’affaiblissement puis la fermeture de nos économies du dicible, déjà précaires. Cette situation, apparemment inévitable, nous insère dans un espace fortement tissé de termes référentiels, saturé de sens sous forme de signes et de clins d’œil, mais elle nous immerge simultanément dans une atmosphère en partie ou totalement dénuée de signaux stables susceptibles de consolider des plates-formes sémantiques qui soient à la hauteur de nos demandes affectives et énonciatives actuelles.

Dans son projet intitulé La distance parcourt un temps, un temps achevé par la distance, réalisé au Chili, Maza fait allusion de manière poétique à ces expériences d´étouffement et d’omission ontologique. Il s’agit de la réalisation in situ d´un habitat minimal, fabriqué avec des déchets, où, qui plus est, s’entrecroisent un réseau de cordes et de photographies de scènes d’une extrême violence montrant les destins lamentables de ces récents voyageurs du capital. Ce travail se veut une réflexion assertorique sur les nouvelles méthodes d’extermination réelle et symbolique utilisées par les États dans la paranoïa de leurs efforts protectionnistes. En effet, la finalité de l´œuvre de Maza est de rendre ces touristes illégitimes les plus visibles possible, en leur octroyant une valeur iconique permettant à leurs propres trames narratives d’entrer dans les réseaux historiques qui soutiennent, en les avalisant, les déplacements du pouvoir. Cette opération visuelle suppose la réinstallation de l’expérience de la mort sur la scène prophylactique de la culture numérique, remédiant ainsi à l’anesthésie affective et à l’insuffisance de paroles d’entraide au sein d’une réalité plongée dans l’homogénéité existentielle. Clairement, Maza fait éclater tous les registres sémiotiques qui nous soumettent jour après jour à des rituels de non-sens ; c’est pour cela que nous devons considérer son travail comme un dispositif polyphonique qui tente de recomposer des formes de signification permettant de pouvoir nommer un monde culturel qui a commencé à devenir avant toute chose un territoire ouvert à la cohabitation de multiples différences. L´artiste matérialise de cette manière un mécanisme qui conjugue des niveaux d’information et les oppose à des techniques précaires d’habitabilité, en nous forçant à voir, à la façon de cartes tridimensionnelles, les parcours du capital.

Les politiques de globalité sont bourrées de contradictions et d'ambiguïtés qui nous affectent tous directement ou indirectement. C’est pourquoi il devient indispensable de soumettre ces directives idéologiques à une analyse rigoureuse qui puisse mettre en lumière les orientations et les principes éthiques qui cautionnent aujourd’hui leur devenir arbitraire. Ces travaux critiques ne sont repris, paraît-il, par aucune institution, ce qui nous oblige à créer des zones de résistance, barricades parallèles, assumant la tâche difficile d’anticiper des réponses à des phénomènes sociaux non encore déterminés. L´importance de l’œuvre de Maza réside essentiellement en cela puisque tout son discours esthétique s’emploie à repenser les faillibilités dominantes des nouveaux systèmes de souveraineté et de gouvernement qui régissent avant tout la productivité de nos actes déjà figés. La manière dont Maza aborde de front un ensemble d’expériences de subordination peut être interprétée également comme une psychanalyse des flux du pouvoir et de la richesse, dont l´objectif principal est de déterminer les motivations inconscientes qui, aujourd’hui, fondent notre histoire effilochée.

Février 2005
Mauricio Bravo Carreño
Artiste visuel et théoricien indépendant,
professeur à l´université UNIACC, Santiago, Chili
Traduit de l´espagnol (Chili)
par René Van Kilsdonk et Isabelle Delord


NORTON MAZA, LE VOYAGEUR AVEC BAGAGES EN RESIDENCE EN DORDOGNE

L’artiste est un voyageur avec bagages lorsqu’il arrive et repart de la Dordogne après un séjour de résidence, d’échanges et de recherches.
Européen, russe, tunisien, brésilien, chilien, le plus souvent citadin, il entre dans une communauté villageoise pour trois mois de laboratoire. Citadin, il est décalé; artiste, il est étranger; étranger, il devient vite un familier.
Dix organismes composent les « Résidences de l’Art en Dordogne » et vivent tour à tour cette rencontre, cette aventure avec l’art à partir de leur propres singularités et avec leurs richesses naturelles et historiques en partage.
À Terrasson, s’ouvre la porte de la Vézère, rivière dont l’homme suit et marque les rives de ses traces depuis l’aube des temps. L’utopie s’y rêve et paradoxalement s’y concrétise avec les « Jardins de l’imaginaire ». Toute l’année, auteurs, comédiens et plasticiens croisent en ces jardins, jardiniers, philosophes et archéologues. En ce doux pays propice aux cueillettes, au répit du voyageur, Norton Maza a saisi le sec et l’humide et en a décelé la créativité paresseuse.
Passager, entre deux continents, il vient souligner les connexions aléatoires, instinctives ou délibérées entre les caractères culturels. Passeur, avec l’image, la forme, le sens et le geste dans ses bagages, il construit les hétérotopies que ses étapes de Terrasson, Thiers, Périgueux (France) et Pancevo (Serbie) ont suscitées.
Puis il repart, chargé des rencontres qui fermentent ses projets futurs au Chili et au Canada.

Comité de pilotage des « Résidences de l’Art en Dordogne »
Organisation : Michèle Grellety, déléguée départementale
pour les arts plastiques
Violaine Marolleau, coordinatrice

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NORTON MAZA ESCULPE LAS CULTURAS HUMANAS.

El telescopio Yépum, uno de los cuatro telescopios gigantes de la ESO (Eurpean Southern Observatory) instalado en la cima del cerro Paramal en el norte de Chile ha obtenido recientemente la primera imagen de un planeta fuera del sistema solar por un método indirecto, y es así como por los consejos de Michèle Grellety, Norton Maza ha tomado contacto conmigo en 2002. Este astro citado, aun sin telescopio, me intrigó enseguida sabiendo que el artista y su obra desprenden una verdadera fuerza gravitacional.
Rápidamente pude organizar un proyecto de exposición en el « Creux de L´enfer » con la colaboración entusiasta de las « Résidences de l´art en Dordogne », y de Jean-Paul Dumas del centro cultural de Terrasson-la-Villedieu. Norton Maza pudo de esta manera preparar un proyecto ambicioso implicándose como siempre, realmente mucho, y beneficiándose también de apoyos exteriores, como la sociedad de Termoformaje plástico AOT en Thiers.
El itinerario poco clásico de un artista
de pensamiento y practica mixturada

A la edad de 5 años Norton Maza llega a Francia donde sus padres en exilio se instalan en Bordeaux. Cuatro años más tarde, la familia parte a vivir a Cuba donde éste emprende de 1983 a 1985, una formación en la escuela básica de arte de la Habana. Sus estudios se prolongan en la escuela nacional de arte de este país donde obtiene en 1989 el diploma de profesor de pintura y dibujo. Ese mismo año regresa a Francia donde seguirá por dos años estudios en la escuela de bellas artes de Bordeaux. En 1994, viaja a Santiago de Chile donde reside actualmente. En 2001, en el centro de arte Perrera en Chile, un antiguo matadero de perros, presenta « Pulsaciones », una instalación escultórica impresionante. 24 cajas de madera y vidrio de 40x30x30 cm contienen cada una un corazón humano diferente. Los materiales de estas esculturas, en relación con la fuerza del tema, toman entonces una dimensión inesperada, revelando en la textura y el color, la calificación de un valor humano : corazón de silicona, corazón de cemento, corazón de alambre, corazón de madera quemada, corazón de aluminio fundido, corazón abrigado de lana tejida, corazón de cobre remachado, corazón de mimbre trenzado, corazón de pequeños juguetes acumulados, corazón de cuero, corazón de fragmentos de estopa pintada... son a la vez corazones humanos manufacturados, maravillosamente hechos con habilidad ducha y variada que el artista domina o aprende a dominar, y que estruja en el material mismo para evocar las vicisitudes complejas de las pasiones humanas. Norton Maza construye todavía objetos, suertes de esculturas- juguetes de condición indecisa, de función falseada, como los que los niños fabrican cuando, faltos de medios, de ellos se ven privados. Es de esta manera que el artista crea sus esculturas en materiales híbridos y con una perspectiva aplastada, semi arcaica, semi plástica, semi militar, semi provechosos : autobús, carretón de mano, avión caza, pala mecánica, velocípedo, helicóptero, camión tolva. Evocaciones que traducen todavía la diversidad de la invención humana cuando se trata de desplazarse o de trabajar (¡la energía del artista no tiene límites!) : máquina de guerra o máquina de cantera, vehículo de transporte comunitario o individual, transporte de mercaderías... en fin son tantos los valores agregados que viene a soldar la hibridación de las culturas a la de la economía.
Lo esencial del proyecto de Norton Maza es reconstruir un mundo entero, una cultura mixturada compuesta de sus múltiples riquezas humanas, con materiales encontrados en las regiones que atraviesa y haciendo sentir las dificultades experimentadas por los países en vías de desarrollo.

Apnea, una suerte de red sanguínea
aleatoria y transparente

El espacio asignado al artista en el « Creux de l´Enfer » estando cerca del nivel de agua, elemento determinante del lugar, Norton Maza escogió este tema como objeto de trabajo para su intervención.
La obra acuática titulada Apnée (apnea), es formalmente sorprendente. Funcionando con una bomba en circuito cerrado, convoca tanto las técnicas de la cerámica como las del termo formado, el modelado como el bricolaje como los materiales reciclados. La instalación representa cuatro figuras de feminidad provenientes de las cuatro orientaciones del mundo. Dispuestas en una mesa cuyos cuatro patas han sido diversamente estilizados, cada una (las figuras) dentro de una campana – acuario en Altuglas (acrílico), permaneciendo a un ritmo regular, un momento en apnea, un momento privadas de agua.
La obra evoca de esta manera, en la separación de los elementos primordiales, tanto la ausencia de fertilidad de una tierra sin agua como el desecamiento de la mentalidad de los poderosos. Un circuito de tubos alimenta cada una de las figuras de arcilla cocida. Éste dibuja en el suelo una suerte de red sanguínea aleatoria y transparente, antes de perderse en una fuente improvisada y contaminada de objetos abandonados, rueda de auto, tabla de madera, ollas, deshechos de piedra, de loza y fierro oxidado.

Para un devenir artístico animado
por un motor trepidante

Desde entonces el artista ha participado en otras exposiciones como la bienal de Pancevo en Serbia, Mauricio Bravo Carreño redactó a este respecto un excelente análisis. En esa ocasión, Norton Maza encuentra a Daniel Buren, quién lo alentará en la realización de otro proyecto. Para el filósofo Paul Ricoeur, es bueno « hacer de su vida una novela », y pensar dialogando : Dialogar con los vivos, con los muertos, con los sabios y con los menos sabios. La obra de Norton Maza, en sus propuestas formales, habla y comparte generosamente.
Correspondiendo así tanto a la naturaleza calurosa de los habitantes de su país, como a la necesidad personal de identidad universal en respuesta a aquella, más individualista, de nuestras sociedades tecnológicamente avanzadas. El artista es primero una identidad que produce una obra, la que a su vez produce la identidad. Ciertas técnicas arcaicas serán más vivas, como aquellos viejos motores de cuatro tiempos. Como así podría decirse que Norton Maza, con su nombre insólito, cabalga con los materiales que usa, la misma moto mítica utilizada por Alberto Granado y Ernesto Guevara para atravesar Chile, hacia un destino artístico que se augura igualmente trepidante.

Fréderic Bouglé, 2005


MAZA – ENTRE LOS SUEÑOS DE LA MATERIA Y EL INCONSCIENTE DEL CAPITAL.

«La subjetividad colectiva regida por el capitalismo
se polariza dentro de un campo de valor;
rico/pobre, autonomía/asistencia, integración/
desintegración.»
Felix Guattari

Nuestro mundo se ha convertido paulatinamente en un gran almacén, lleno de provisiones, materias primas y superficies por explotar. En este sitio, donde a las cosas, a las personas, a los deseos y a los sueños se les a asignado un valor de cambio no pareciera existir ninguna experiencia externa a la codificación de capital. Este mundo sumido en la homogeneidad y estandarización de lo real se constituye en el hilo conductor presente en todas las obras realizadas por Norton Maza, ya que en ellas podemos percibir claramente un juego irónico en el cual las necesidades y anhelos del hombre contemporáneo se realizan y cumplen paradojalmente en un campo fantasmático plagado de contradicciones, violencias y sinsentidos.
En efecto los mundos evocados por el artista siempre se muestran a través de procesos formales que parodian la artificial abundancia del capital, dando a ver contrariamente una zona de riqueza otra sostenida por la creati
vidad siempre renovadora del magma social. Con esto me refiero a que la estética maziana se fundamenta en la puesta en escena y ser de materialidades simbólicas fallidas y desechos semióticos que han sido oportunamente omitidos y abandonados por las lógicas sistémicas de la economía global. Su trabajo por ende da forma y codificación a un conjunto de experiencias y densidades figurales traslapadas o escondidas en lo profundo de nuestro inconsciente colectivo : transformándose en un complejo acto ritual-crítico que intenta y siempre logra exorcizar la espectacularidad de la riqueza al exponer la densidad aureática contenida en sus sintomáticas excedencias.


Pensar de este modo la obra de Norton Maza es situar su discurso en el pensamiento de Bataille, en tanto lo propuesto por el artista, es rastrear en el ejercicio totalizante del consumo sus partes malditas, quiero decir, encontrar una dimensión ontológica justo allí donde la praxis del ser pareciera sucumbir en la serialidad banal de la transacción. Lo buscado es entonces la otra economía, aquella desarrollada en los aspectos descontinuados, bajos e informes de lo real y sitiada en los bordes-márgenes del capital. Es justamente en esos territorios entre comillas malditos o basurales del sentido, donde el artista busca y encuentra las materialidades bizarras con las cuales construye sus escenas, imponiendo así, a las representaciones técnicas de la información un factor de alteridad poética que abre su trama al ingreso de operaciones de exceso y desmesura existencial.

Desde mi punto de vista, este conjunto de operaciones críticas está dirigido específicamente a cuestionar las tramas ideológicas que sostienen nuestras categorías y criterios de valor, pero más aún, apuntan a exponer su naturaleza falsa y postiza, mostrándonos contrariamente, hasta qué punto tales aglomeraciones simbólicas son consecuencia directa de una serie de procesos artificiales; cuyo fin no es otro que fabricar instancias de deseo y necesidad desprovistas de un núcleo libidinal localizable en un espacio, cuerpo y tiempo reales.

Por todos es sabido que la eficacia de los íconos de consumo se basa en su gran poder desterritorializador, esto significa que sus contenidos y formas (idealizadas) han sido diseñadas para provocar en el individuo una experiencia de seducción vacía, en donde los deseos despertados por la imagen actúan en ausencia de todo posible lugar, sin fronteras determinadas y sin ligaduras referenciales reconocibles. Las significaciones pulsionales promovidos por los medios de comunicación operan como vectores de disolución, generando en los espectadores vivencias abstractas que no estructuran un retorno identitario. Lo que me interesa destacar acá – asunto imprescindible para comprender el sentido social y antropológico de la obra de Norton Maza – es que el carácter o el telos del capitalismo, en su versión avanzada, es la clausura programada del sujeto o, lo que es lo mismo, de su voluntad política.

Esta serie de cambios acontecidos a nivel mundial y sus nefastas consecuencias son algunos de los temas problematizados por el artista en su obra Apnée. En ella lo efectos traumáticos del capitalismo avanzado confluyen en la formación de un espacio ritual cuyo significado metafórico está relacionado directamente con situaciones de máxima fragilidad que estructuran nuestros entornos cercanos. Efectivamente Apnée es un trabajo cuyo núcleo temático es la falta de agua o sequía, por ende, podemos considerarlo como un dispositivo plástico que hace del agotamiento inevitable de este recurso natural un ícono eficaz para encarnar la irracionalidad o sin sentido inherente al quehacer colectivo. Pienso esto dado que la obra en cuestión ofrece dos aspectos muy precisos de lectura; uno vinculado al acto de sumergirse, quedando absolutamente rodeado de agua, aislado en una suerte de fortaleza líquida y otro emparentado con las señales de vida creadas alrededor de un elemento vital. Ambas situaciones plásticas y simbólicas se hacen visibles a través de la construcción de un sistema hidráulico en el cual confluyen escenas domésticas reproducidas en arcilla reseca con un espacio geométrico compuesto de una doble pared (vitrinas) de acrílico que las contiene. Lo interesante aquí es la aparición de una doble significación, en efecto el agua en Apnée es lo que está en excedencia respecto de la imagen pero a su vez es lo que la protege, dándole el valor icónico antes mencionado. Gracias a esto la visualidad lograda expone una fuerte tensión entre la tragedia representada por las figuras y el derroche subyacente a los mecanismos propios de la instalación. Maza, de este modo, nos introduce en una experiencia del arte que desea convertir su propia praxis en un ejercicio productor de percepciones socialmente contradictorias. Desde un punto de vista más narrativo la confluencia simultánea de dos realidades extremas nos indican que los riesgos corridos por el sujeto contemporáneo son los de la vida y los de la muerte, pero también, nos señalan que el trasfondo profundo de estos movimientos se soportan en la existencia o la inexistencia de lo humano. Entre el ser y no ser circula el agua de Apnée haciendo de ese pasaje un drama cargado de misterio pero al mismo tiempo su fluir continuado abre la escena de las faltas y las presencias, de los fantasmas, de todos aquellos (anónimos) que habitan un espacio social extenuado y violentado por las fatales necesidades impuestas desde una exterioridad que no les pertenece. La catástrofe interpretada por Maza es ahora una crisis generalizada a todas nuestras experiencias de vida, consistente en la apertura silenciosa de un vacío que nos envuelve cubriéndonos de sensaciones de pérdida y desarraigo. La belleza minimalista de la pieza radica justamente en ello, en la sofisticada precariedad de su lenguaje, en ese decir susurrando el destino maldito y absurdo de nuestros sueños de sobre vida.

Si bien es cierto que Apnée plantea asuntos críticos muy pertinentes, no hay que olvidar que la producción de maza se sustenta básicamente en la puesta en escena de instancias materiales situadas más allá de las políticas decibles del mercado. Sugiero lo siguiente a partir de la observación de los procesos mismos empleados por el artista en la confección de sus instalaciones, métodos relacionados íntimamente con técnicas, imágenes y materialidades provenientes de la infancia. Esta asertiva apropiación de un imaginario primario, arcaico y elemental, no sólo posibilita al artista estructurar un agenciamiento expresivo lleno de señas corporales y referencias biográficas, sino que también, le permite desarrollar contenidos y signos erráticos que por su propia agresividad lúdica, articulan un conjunto de fisuras conceptuales y asociaciones ontológicas empastadas de alteridad. Sin lugar a dudas estos datos sobre su trabajo no son anecdóticos, en la medida en que constituyen los medios más preponderantes que posee el artista para desarrollar el desvelamiento del núcleo intencional del poder. En sus trabajos anteriores Norton Maza ha demostrado ser un experto fabricante de juguetes y un ácido constructor de reglas de juego, pero de ¿qué reglas y de cuales juguetes estamos hablando, al momento de pensar los montajes de Maza? Obviamente los juegos, juguetes y reglas aquí tratados son la contracara paródica de los empleados en el libreto o manual de la cultura global; más aún creo que su intervención poética afecta mayoritariamente los mecanismos y las funciones de una maquinaria política que emplea nuestras cosas, nuestras palabras y nuestras emociones para confeccionar mapas de sometimiento que delínean estrictos campos conductuales, movidos al margen de sentimientos de solidaridad social.

Sin embargo dichas intuiciones plásticas alcanzan un significado arqueológico muy complejo al ser involucradas en sistemas alternativos de representación, que traen a la mirada un espectáculo saturado de organicidad pero no por ello carente de historia. Estos aspectos cuya naturaleza arqueológica queda referida a la puesta en visible de un abyecto social oculto (ruinas y residuos) me parecen de fundamental importancia, en cuanto, revelan la existencia de flujos narrativos que han quedado sin traducción y por ende silenciados a la escucha de los medios de comunicación masivos. Las historias encontradas por Norton Maza en los vestigios materiales de las urbes se convierten en mitos contingentes, que narran descarnadamente pérdidas, encuentros y desencuentros subjetivos con la realidad.

Territory (primera etapa) es una obra privilegiada para reflexionar sobre los conflictos recién enunciados puesto que, desde su título, nos sugiere dos cosas; en primer lugar la necesidad de implementar espacios de bienestar simbólico más acordes con las vivencias inestables del presente, provocando en los espectadores nuevas experiencias de arraigo y pertenencia y segundo nos hace participes de un campo de representación liberado de las determinaciones funcionales de la imagen contemporánea, exponiendo contrariamente, su verosímil ilegible. Ambas instancias poseen un trasfondo antropológico muy complejo en tanto suponen habilitar dispositivos de intercambio simbólico fundados exclusivamente en el poder singularizante de la materia. Estos asuntos se relacionan de manera directa con la recuperación de formas arcaicas de significar lo real, en efecto lo realizado por Maza al reproducir (corporizando) la imagen publicitaria de una cocina americana es confeccionar un tótem productor de lugar. Estos gestos propios de una actividad chamánica, poseen un sentido geo-político radical puesto que su despliegue visual moviliza fuerzas (manas) que cancelan mágicamente los efectos desterritorializantes de su imagen matriz, instalando la grieta faltante en el espejo de la producción. Para comprender mejor estos desplazamientos críticos creo pertinente aludir a ciertos procesos formales que arman la nervadura material y semiótica de la obra. Los aspectos que me parecen de especial interés son dos : el primero se refiere al mapeado imaginario hecho de cuerdas que cubre en su totalidad el montaje, y el segundo es la utilización de tarjetas o credenciales colgantes que portan el timbre de la bienal, un texto poético que comenta subjetivamente las materialidades empleadas en la obra y la imagen publicitaria referente del proyecto. Estos tres elementos que comparecen simultáneamente configurando un campo retórico opuesto al del capital, permiten al visitante darse cuenta plenamente del carácter irreconciliable de ambas realidades, pero sobre todo refuerzan dicho mensaje al mostrarle que el espacio propuesto es el fiel reflejo de un real ilusorio, es decir, la inversión exacta de un sueño digital de habitabilidad. Evidentemente lo emplazado por el artista se constituye de este modo en una suerte de fábrica de sensaciones encontradas, cuya plusvalía óntica esta orientada a la producción de universos referenciales inéditos y de memorias poéticas absolutamente necesarias en el presente, pero de la misma manera se manifiesta como una vivencia que posibilita al sujeto redescubrir (en si mismo) zonas de intimidad perceptiva a través de las cuales puede recrear sus deseos desde de la exploración infinita de su singular acontecer.

Otros tópicos explorados e interrogados por el artista son los delicados asuntos de la inmigración clandestina, delicados digo porque suponen la aparición creciente de nuevas formas de violencia, que en el presente no poseen equivalente histórico alguno. Es indiscutible que las razones que subyacen al viajar actualmente están siendo determinadas por los anhelos de un mejor vivir – en efecto todos deseamos llegar a ese lugar ideal promocionado por los medios globalizados, en donde todas las posibilidades están disponibles y en el cual los sueños han dejado de ser manifestaciones borrosas y nocturnas, realizándose en el esplendor funcional de una desconocida ciudad – pero también son consecuencia directa de múltiples flujos de poder que traman un espacio social ilegítimo fundado en la complicidad de dominados y dominantes. En el fondo todos somos víctimas del mismo mensaje que nos comunica que el decurso pleno del ser está siempre situado en un más allá técnico lejano de nuestro lugar de origen. No creo exagerar al enfocar los fenómenos de inmigración como fenómenos de clausura existencial, dado que, un sujeto que debe alejarse de su tierra por motivos económicos, políticos, raciales o religiosos se convierte paulatinamente, en un paria, cuyos anclajes ontológicos han sido disueltos en su totalidad. Así, sin lugar, sin pertenencias y sin vínculos afectivos sólidos queda marginado de cualquier tipo de representatividad social. Este sujeto, políticamente desamparado y desprovisto de agentes identitarios reconocibles no puede validar su presencia-ante – los-otros en planos de igualdad y autenticidad, por ello experimenta su existir de manera interdicta, permaneciendo recluído en un espacio de negatividad simbólica. Lo más concreto de este asunto es que la actual forma de organización social esta generando, dadas las características recién mencionadas, un tipo de subjetividad fracturada justamente en sus deseos y requerimientos de expresión, produciendo el colapso y la posterior clausura de nuestras precarias economías de lo decible. Esta situación, inevitable al parecer, nos involucra en un espacio fuertemente tramado en términos referenciales, saturado de signos y guiños de sentido, pero simultáneamente nos sumerge en una atmósfera carente o falta de señalamientos estables, que pudieran consolidar plataformas semánticas que estén a la altura de las demandas afectivas y enunciativas del sujeto actual.

Maza en su propuesta titulada La distancia recorre un tiempo, un tiempo acabado por la distancia realizado en Chile alude de manera poética a esas experiencias de silenciamiento y omisión ontológica, Su proyecto consistente en la realización in situ de un hábitat mínimo, confeccionado con desechos, el cual además, ha sido reticulado con cuerdas y fotografías de escenas de extrema violencia, que muestran los fatales destinos de estos nacientes viajeros del capital, se nos propone como una asertiva reflexión sobre las nuevas practicas de exterminio real y simbólico utilizadas por los estados en su paranoico afán proteccionista. En efecto lo proyectado por Maza es darle un máximo de visibilidad a esos turistas ilegítimos, otorgándoles un valor icónico, que haga posible el ingreso de sus entramados narrativos en las redes históricas que sostienen, avalando, los desplazamientos del poder. Dicha operación visual supone re-instalar la experiencia de la muerte en la escena profiláctica de la cultura digital, conjurando con ello la anestesia afectiva y la carencia de palabras solidarias en un real sumergido en la homogeneidad existencial. Maza obviamente revienta todos los registros semióticos que nos someten día tras día a rituales de sin sentido, por ello debemos ver su trabajo como un dispositivo polifónico que desea recomponer formas de significación que permitan hacer nombrable un mundo cultural que a comenzado a ser primordialmente un territorio abierto a la cohabitación de múltiples diferencias. El artista materializa de este modo un mecanismo que conjuga y contrapone niveles de información medial con precarias técnicas de habitabilidad, obligándonos a ver, a la manera de mapas tridimensionales, los recorridos del capital.

Las políticas de la globalidad están plagadas de contradicciones y equívocos que nos afectan directa o indirectamente a todos nosotros. Por ello se hace imprescindible sujetar sus directrices ideológicas a un riguroso análisis, que pudiera arrojar luces sobre las posiciones y principios éticos que solventan actualmente su arbitrario devenir. Esta labores criticas al parecer no son recogidas por institucionalidad alguna, lo cual nos exige crear zonas de resistencia barricadas paralelas, asumiendo la difícil tarea de anticipar respuestas a fenómenos sociales aún no determinados. La importancia de la obra realizada por Maza radica de manera esencial en esto, ya que todo su discurso estético está dirigido a repensar las falencias imperantes en los nuevos sistemas de soberanía y gobierno, que administran preferentemente la productividad de nuestros ya congelados actos. El abordaje frontal que hace Maza de un conjunto de experiencias de sujeción podemos interpretarlo también como un psicoanálisis efectuado a los flujos del poder y la riqueza cuyo objetivo principal es determinar los móviles inconscientes que en el presente construyen nuestra deshilvanada historia.

Febrero del 2005
Mauricio Bravo Carreño,
Artista visual, Teórico independiente y profesor Universidad UNIACC
Santiago, Chile.


NORTON MAZA, EL VIAJERO CON EQUIPAJE EN RESIDENCIA EN DORDOGNE

El artista es un viajero con equipajes cuando llega y parte de nuevo de Dordogne luego de una estadía en residencia, de intercambios y búsquedas.

Europeo, ruso, tunecino, brasilero, chileno, usualmente citadino, entra en una comunidad pueblerina en tres meses de laboratorio. Citadino, es descalzado, artista, es extranjero, extranjero se vuelve rápidamente familiar.
Diez organismos componen las « Residencias del Arte en Dordogne » y viven cada uno a su vez este encuentro, esta aventura con el arte a partir de sus propias singularidades y compartiendo sus riquezas naturales e históricas.
En Terrasson se abre la puerta del Vézère, río al que el hombre sigue demarcando sus riberas desde la noche de los tiempos, la utopía allí se sueña y, paradójicamente, se concretiza con los « Jardines de lo imaginario ». Todo el año, autores, comediantes y plásticos se cruzan en estos jardines con jardineros, filósofos y arqueólogos. En este dulce país propicio a las recolecciones, al descanso del viajante, Norton Maza ha cogido lo seco y lo húmedo y le ha desenterrado la creatividad perezosa.
Pasajero entre dos continentes, viene a subrayar las conexiones aleatorias, instintivas o deliberadas entre los caracteres culturales. Pasante, con la imagen, la forma, el sentido y el gesto en su equipaje, construye las heterotopías que sus etapas de Terrasson, Thiers, Périgueux (Francia)
y Pancevo (Serbia) le han suscitado.
Luego vuelve cargado de encuentros que fermentan sus proyectos futuros en Chile y Canadá.

Comité de pilotaje de las « Residences de l´Art en Dordogne »
Coordinación : Michèle Grellety, delegada del departamento
para las artes plásticas
Violaine Marolleau, coordinadora

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NORTON MAZA SCULPTS HUMAN CULTURE.

The Yepum telescope, one of the four giant ESO (European Southern Observatory) telescopes on the summit of Cerro Paramal in the north of Chile has recently obtained the first image of a planet beyond our solar system, using an indirect method, using a novel method of visual distorsion. It was on the advice of Michèle Grellety that Norton Maza contacted me in 2002. That star, even without using a telescope, captured my interest straight away; knowing that the artist emitted a strong gravitational field. I was quickly able to organise an exhibition project at the Creux de l’enfer with the enthusiastic support of Résidences de l’Art en Dordogne, and Jean-Paul Dumas for the Cultural Centre Terrasson-la-Villedieu. So Norton Maza was able to prepare an ambitious project, as always with his fullest commitment, benefiting from the help of others like the plastics moulding company AOT in Thiers.
The unlikely itinerary of an artist

At five years old, Norton Maza arrived in France where his parents took exile in Bordeaux. Four years later, his family left to live in Cuba, where he undertook, from 1983 to 1985, studies at Havana Elementary Art School. He furthered his studies at Cuba’s national art school and obtained a graduating degree in painting and drawing. That same year, he returned to France where he would follow for two more years his studies at the Bordeaux art school. In 1994, he left France for Santiago and Chili where he currently lives. In 2001, at the Perrera art centre in Chili, an old canine abattoir, he presented “Pulsaciones,” a stunning sculptural installation. 24 wooden and glass boxes 40 by 30 by 30 centimetres, each one containing a human heart. The sculptures were made of unusual materials, in relation to the subject’s force, leading to an unexpected dimension, revealing in the texture and the colour, a qualification of human value; a heart made out of silicon, or of cement, wire, burnt wood, foundry aluminium, striped and knitted wool, riveted copper, wicker, reassembled toys, leather, painted cloth fragments… So many amateur human hearts, superbly manufactured by with a varied and skilled craft, that the artist masters, or learns, and that weave him into the matter itself as he evokes the complex nuances of human passions. Norton Maza constructs even other objects, kinds of toy sculptures of uncertain status, of forged function, as children will make their own, when lacking the means, they are denied. And so the artist creates his sculptures with hybrid materials, foreshortened perspectives, archaic and plastic, military and salutary; a bus, a hand trailer, a fighter plane, a digger, a cycle, a helicopter and a dump truck. These remind us of the diversity of human inventions, for travelling or working, (the artist’s energy knows no limits!); killing machines and construction machines, collective and individual means of transport, commercial vehicles… To summarize, these are just so many added values that weld hybrid cultures to the economy. The essence of Norton Maza’s project is to rebuild the whole world, an omelette culture composed of many forms of human wealth, with materials found in the regions he has travelled, and to express the difficulties the people endure in developing countries.

Apnoea: a kind of unordered
transparent circulatory system

As the space accorded to the artist was close to the waters’ edge, a determining element of the site, Norton Maza chose this theme as the subject of his intervention. The aquatic work entitled “Apnoea,” is formally surprising. Functioning with a pump in a closed circuit, it equally convokes techniques of ceramics and cabinet making, model making and patchwork, as well as recuperated objects. The installation represents four figures of femininity from the four corners of the globe. Set on bases or four-footed tables, variously styled, each figure inside an Altu-glas aquarium, they live a shared rhythm, a moment of apnoea, waterless. The work is also about, as it separates primordial elements, as much the barren state of land without water as the state of mind of the powerful. A system of tubes feeds each of the sculptures in baked clay. The tubes draw a network on the ground, an unordered transparent circulatory system, before being swallowed by a jerry-rigged, polluted basin filled with discarded objects, car tyres, wooden planks, shoes and saucepans, stones and rusting iron.

For an artistic future brought to life
by a four-stroke motor

Since the exhibition at the Creux de l’enfer, the artist has taken part at other events including the Pancevo Biennale in Serbia, Mauricio Bravo Carreno edited an excellent analysis for the exhibition catalogue. On this occasion, Norton Maza met Daniel Buren, who encouraged him in the production of a another project. The philosopher Paul Ricœur approves of ”making a novel of ones life”, to think while speaking, with the living, the dead, the wise and the not so wise. Norton Maza’s work, in its formal propositions, speaks and shares generously. It responds as much to the warm hearted nature of his native country’s inhabitants as to a personal necessity to build a universal identity in response to that of our individualistic technologically advanced societies. The artist is above all an identity that produces a work, and of which the work is the product. Some older technologies were to be livelier, such as the four-stroke motor. That is to say that Norton Maza, with his first name, with the materials he jerry-rigs, sits astride, the same mythical motor bike used by Alberto Granado and Ernesto Guevara to cross Chile, and for an artistic destiny that is to be pronounced with trepidation.


MAZA – BETWEEN DREAMS OF THE MATERIAL AND THE UNCONSCIOUS OF CAPITAL.


"Collective subjectivity dictated by capitalism is becoming polarised into a spectrum of values which admits of being only rich/poor, independent/assisted, integrated/disintegrated..."
Félix Guattari

Our world has gradually become a big store, full of goods, raw materials and surfaces to be made use of. In this place, where an exchange value has been assigned to things, people, desires and dreams, there is seemingly no other experience outside the codification imposed by capital. This world steeped in uniformity and standardisation of what is real, constitutes an Ariadne’s thread throughout Norton Maza’s work, where we can clearly see an ironic game in which the needs and desires of contemporary man are acted out and met, paradoxically in a fantasy world strewn with contradictions, violence and meaninglessness.
The worlds evoked by the artist are always revealed by formal processes which parody the artificial abundance of capital, allowing us, on the contrary, to glimpse a zone of different wealth underpinned by the ever-renovating creativity of social magma. What I mean by this is that Maza’s aesthetic approach has its basis in the staging of frustrated symbolic outer appearances and semiotic rejection which have opportunely been omitted and abandoned by the systemic reasoning of the global economy. His work, therefore, gives existence to and codifies a set of experiences and a corporeality which was hidden at the bottom of our collective unconscious. The work is thus transformed into a complex, ritual-critical act which strives, and always succeeds, in exorcising the spectacular nature of wealth by exposing the density of the aura contained in its symptomatic surpluses.

Looking at Norton Maza’s work in this way is to align his thinking with that of Bataille, insofar as what the artist proposes is, via the aggregating exercise of consumption, to track down its wretched aspects, that is to say, find an ontological dimension precisely where the praxis of being might seem to be giving way to banal, serial transaction. What is being sought, therefore, is the other economy, that which develops in the discontinued, low and shapeless aspects of what is real, and which is situated on the edges, the fringes even, of capital. It is precisely in these so-called ”wretched or rejected” zones of meaning that the artist seeks out the outer appearances which offer him all he needs to construct his scenes, thereby imposing on the technical representations of information a factor of poetic otherness which opens its weft to the incursion of excessive acts and existential immoderation.

From my point of view, all these critical acts are aimed precisely at questioning the ideologies which underline our categories and criteria of value. What is more, exposing their false and fake nature shows us on the contrary the extent to which such symbolic interpretations are the direct consequence of a series of artificial processes whose purpose is to simply produce elements of desire and need stripped of any drive-core located in real space, body and time.

It is common knowledge that the efficiency of the icons of consumption lies in their power to do away with any notion of territory, that is to say that their (idealised) forms and contents have been designed to bring about an experience of empty seduction of the individual where the desires stirred by the image act in a de-located environment, with no fixed borders and without any recognisable attachments that can serve as references. The drive behind the meanings promoted by the media operate like vectors of dissolution, generating an abstract experience on onlookers incapable of providing any structured return to identity. What is important to underline here and is essential for grasping the social and anthropological import of Maza’s work, is that the character or telos, or goal, of capitalism in its cuttting-edge version, signifies the scheduled enclosure of the individual or his political will, which comes to the same thing.

This series of changes across the world and its fateful consequences are some of the problems raised by the artist in his work Apnoea. Here the traumatic effects of advanced capitalism merge to form a ritual space whose metaphorical meaning is in direct relation to extremely fragile situations which shape our closest environments. Apnoea is a work whose core theme is the lack of water or drought, so we may consider it as a visual device which transforms the inevitable running-out of this natural resource into an efficacious icon embodying the irrationality or meaninglessness inherent in collective affairs. I think that this is due to the fact that the work in question proposes two very precise ways of approach, one linked to the action of submerging oneself, remaining completely surrounded by water, cut off in a sort of liquid fortress, and the other related to the signs of life created around a vital element. The two visual and symbolic situations become apparent through the construction of a hydraulic system in which domestic scenes made from redried clay merge with a geometric space defined by a double glass wall. What is interesting here is the emergence of a dual meaning. Water in Apnoea is what appears as surplus in relation to the image, but it is also what protects it, conferring on it the previously mentioned value as an icon. Through this, the visual character attained manifests a strong tension between tragedy represented by the figures and the underlying waste in the very mechanisms of the installation. In this way, Maza introduces us into an experience of art which envisages transforming its own praxis into an exercise producing socially contradictory perceptions. From a point of view closer to the narration, the simultaneous merging of two extreme realities signals that the risks with which the contemporary subject is faced are those of life and death, but also that the inmost depths of these movements are borne in human existence or inexistence. The water of Apnoea flows between being and non-being, and, as it does so, turns the passing into a drama charged with mystery, a flow which, at the same time, continually reveals absences and presences, the ghosts and the nameless who live in a social space exhausted and violated by the fatal needs imposed by an outside force beyond their control. The catastrophe interpreted by Maza is now a general crisis in all our life experiences, which consists in the silent opening of a vacuum that wraps itself around us, covering us at the same time with feelings of loss and uprooting. The minimalist beauty of the work is encapsulated in the sophisticated insecurity of its language, the way of whispering the wretched and absurd destiny of our dreams to survive.

Although it is true that Apnoea poses highly pertinent critical problems, we should not forget that Maza’s production is primarily underpinned by the staging of material elements located far beyond expressable market policies.
I suggest what follows from observation of the processes themselves used by the artist in constructing his installations, methods intimately linked to techniques, images and outer appearances stemming from childhood. He assertively appropriates a primary, archaic and elementary imaginary world and, in so doing, this not only makes it possible for the artist to provide an expressive infrastructure full of bodily signs and biographical references, but also to develop contents and errant signs which, via his playful aggressivity, link a series of conceptual cracks and ontological associations brimming with otherness. All this information is doubtless not anecdotal, insofar as it constitutes the foremost means for the artist to develop the unveiling of the intentional core of power. In previous works, Norton Maza has showed himself to be an expert toy maker capable of constructing the rules of the game with caustic sharpness. But of which toys and which rules of the game are we speaking when we consider Maza’s installations? Clearly the games, toys and rules dealt with here are the other parodic side to those used in the scenario or user’s manual for global culture, and I even think that his poetic intervention affects to a major extent the mechanisms and the functions of a political machinery which uses our goods, our words and our emotions to make maps that delineate strict areas of conduct, on the fringes of feelings of social solidarity.

And yet these visual intuitions attain a highly complex archeological significance by the fact that they are introduced in alternative systems of representation which reveal a spectacle that, although saturated with organicism, does have a sense of history. The archeology of these aspects refers to the unearthing of an abject, hidden social reality (ruin, left-overs), but they seem to me to be of fundamental importance insofar as they bring to light the existence of narrative flows that have not been translated and have ended up being drowned by the stream of mass media. The stories unearthed by Norton Maza in the vestiges of town centres are transformed into contingent myths which tell stark stories of losses, encounters and separations that are subjective in relation to reality.

Territory is a special work which incites us to think on the above conflicts for, as soon as we apprehend its title, it suggests two things: firstly, the need to install spaces of symbolic well-being more in empathy with the instability of contemporary life, by provoking new feelings of being settled and belonging; secondly, the work associates us with an area of representation freed from the functional determinations of the contemporary image, exposing on the contrary its unfathomable plausibility. Both elements have a highly complex archeological basis which assumes that it is possible to have devices for symbolic exchange founded exclusively on the conspicuous power of matter. The subjects are in direct relation with archaic forms which may once again signify what is real. What Maza achieves by both reproducing and, at the same time, giving corporeality to the advertising image of an American kitchen, is to raise a totem which produces a place. These shamanic gestures have a radical geopolitical meaning, as their visual deployment mobilises forces (manas) which, magically, cancel the ”deterritorialising” effects of its matrix by installing the crack that is missing in the mirror of production. In order to better understand these critical displacements, it is relevant to refer to certain formal processes which constitute the material and semiotic skeletal structure of the work. Two aspects seem to me to be of special interest: the first refers to the imaginary map made of ropes covering the whole installation, and the second is the use of business cards or hanging passes with the stamp of the biennial, and a poetic text commenting subjectively on the materials used in the work and the publicity image which refers to the project. These three elements which appear simultaneously and represent a theoretical domain opposed to that of capital, enable the visitor to fully realize the irreconcilable character of the two realities, but above all heighten the content of the message by showing him that the space proposed is the faithful reflection of an illusory reality, that is to say the exact reverse of a digital dream of habitability. Clearly, what is assigned by the artist is built up in this way, in a sort of factory of rediscovered sensations whose added value, dedicated to being, is used to produce fresh benchmark worlds and poetic memories that are absolutely necessary today. At the same time, it is an experience which makes it possible for everyone to rediscover (within himself) zones of perceptive intimacy through which he can recreate his desires from the intimate exploration of his singular future.

Other commonplaces which the artist explores and questions include the sensitive issue of illegal immigration, a sensitive issue if ever there were one, because it assumes the escalation of new forms of violence which are without historical equivalence. It is indisputable that the reasons why we travel today are currently being determined by aspirations to an enhanced quality of life. Don’t we all want to go to that ideal place promoted by globalised media where everything is within our reach and where dreams have ceased to be hazy, night-time manifestations and come true in the functional splendour of an unknown city? But they are also the direct consequence of several power streams which weave an illegitimate social space founded on the complicity of the dominated and the dominant. In the end, we are all victims of the same message which tells us that the only way for someone to fully open out lies in a great technical ”elsewhere”, far beyond our place of origin. I do not think I am exaggerating when I see the phenomena of immigration as reflecting existential shut-down. Anyone who has to leave his land for economic, political, racial or religious reasons gradually becomes a pariah whose ontological moorings have been entirely dissolved. In this way, without place, belongings and strong emotional ties, the immigrant remains on the fringes of any form of social representativeness whatsoever. Politically distraught, stripped of any recognisable identity, he cannot justify his presence-before-others from the point of view of equality and authenticity, which is why his life is a prohibited experience and he remains a recluse in a space of symbolic negativity. Where this phenomenon is most evident is in the current form of social organisation which, basing itself on the above matrix, is in the process of spawning a sort of fractured subjectivity, precisely in its desires and requests to express itself, by producing the collapse and the shut-down of our already shaky economies of the effable. This situation is apparently inevitable and places us in an area where we are surrounded by benchmarks, saturated by signs and hints of meaning, but which at the same time plunges us into an atmosphere devoid of any reliable signposting which might consolidate semantic platforms to match our contemporary emotional and enunciative demands.
In his project called Distance complete a fragment of time, a time exhausted by distance produced in Chile, Maza refers poetically to those experiences of suppression and ontological omission. His project consists in building a minimum habitat in situ from waste, and which, in addition, is reticulated with ropes and photographs of scenes of extreme violence, testimonies to the appalling destinies of these recent travellers of capital, like an affermative reflection on the new practices of real and symbolic extermination used by states in their paranoid protectionism. The aim of Maza’s work is to ensure maximum focus on these illegitimate tourists, by given them a value as an icon, which makes it possible for their own narrative wefts to enter into the historic networks which, by endorsing them, support displacements of power. This visual operation assumes that the experience of death be reinstalled on the prophylactic stage of digital culture, at the same time casting out emotional anaesthesia and the inability of words to be of help in a reality that is submerged by existential homogeneity. Clearly, Maza explodes all the semiotic registers which, day in day out, submit us to rituals of meaninglessness, which is why we must see his work as a polyphonic device trying to recompose forms of meaning that might name a cultural world that has begun to become essentially a territory open to cohabitation between multiple differences. In this way, the artist materializes a mechanism which combines levels of media information and confronts them with precarious techniques of habitability, forcing us to see, like three-dimensional maps, the course of capital.

Global policies are packed with contradictions and ambiguities which affect us all directly or indirectly. This is why it is essential to subject their ideological directives to a rigorous analysis which might shed light upon the ethical positions and principles that currently underpin their arbitrary future. These works have apparently found no institution to house them, which forces us to create zones of resistance, parallel barricades, assuming the difficult duty of anticipating responses to social phenomena that have not yet been determined. Here is the essential importance of Maza’s work, since all his aesthetic discourse is focused towards rethinking the dominant fallibilities of the new systems of sovereignty and government which, above all, determine the productivity of our already frozen acts. The frontal assault which Maza makes on a series of experiences of subordination may also be interpreted as a psychoanalysis of the flows of power and wealth, whose main objective is to determine the unconscious motivations which, today, form our frayed history.

February 2005
Mauricio Bravo Carreño, visual artist and freelance theoretician,
Professor at the University of UNIACC, Santiago, Chile

English version by Ian Trickett



NORTON MAZA, A TRAVELLER WITH LUGGAGE IN RESIDENCE IN DORDOGNE


The artist is a traveller with luggage when he arrives in and leaves Dordogne, after a stay of residence, exchanges and researching.
European, Russian, Tunisian, Brazilian, Chilean, more often than not a city-dweller, he (or she) becomes part of a village community for three months of in-situ laboratory work. As a city-dweller, he is out of phase, as an artist, he is a stranger, as a stranger, someone who quickly blends into the landscape.
Ten organisations go to make up ”Residences of Art in Dordogne” and, in turn, experience this encounter, this adventure with art from their own specific standpoints, sharing the richness of their own natural and historic backdrops.
Terrasson is the gateway to the Vézère, the river whose banks man has followed and marked with his traces since the mists of time. It is a utopian dreamplace, paradoxically expressed in the ”Jardins de l’imaginaire”. In these gardens, throughout the year, authors, actors and visual artists cross paths with gardeners, philosophers and archeologists. In this gentle land of gathering, which has always been a haven to the traveller, Norton Maza has grasped the relation between the dry and the wet and has discerned their slothful creativity.
As a passenger between two continents, he underscores the random, instinctive or deliberate connections between cultural characteristics. As a ferryman between two riverbanks, with his luggage full of images, forms, senses and gestures, he constructs heterotopias inspired by his stays in Terrasson, Thiers, Périgueux (France) and Pancevo (Serbia).
Then he ups anchor once more, full of encounters which nurture future projects in Chile and Canada.

”Residences of Art in Dordogne” Steering Committe
Coordination: Michèle Grellety, county delegate for the visual arts
Violaine Marolleau, coordinator

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· TEXTES EXPOSITION TERRITORY (DEUXIEME ETAPE)

3º biennale Manif d'art de quebec, canada, 2005

En 2004, lors de la biennale de Pancevo (Serbie et Monténegro), Norton Maza a construit avec des matériaux trouvés sur place (papier, carton, bois, ficelle, etc.) une luxueuse cuisine grandeur réelle, laquelle questionnait la valeur associée à la consommation. Territory (deuxième étape) est la suite de cette première intervention in situ. Mais il s’agit, cette fois-ci, d’une somptueuse chambre à coucher combinée à une salle de bain fabriquées avec des rebuts ramassés ici et là grâce à l'aide de quelques personnes enthousiasmées par ce projet. L’étiquetage réfère à l’image qui a servi de modèle à l’artiste et interpelle notre rapport à la propriété et à la valeur que l'on accorde aux objets dans le contexte économique mondial. En effet, par cette construction, l'artiste souhaite rendre hommage à la créativité de ceux qui dans plusieurs pays moins développés arrivent à inventer avec peu de moyen. Il nous rappelle que, dans la précarité, la richesse est à trouver dans l’inventivité, rejoignant ainsi les cyniques grecs qui n'avaient de cesse de répéter que la richesse dépend de l’esprit, et non l’esprit de la richesse.

André-Louis Paré
Co-commissaire de la Manif d'art 3


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· TEXTES EXPOSITION TERRITORY (PREMIERE ETAPE)

11º biennale d'art de pancevo, serbie, 2004

« VALEUR VENALES, VALEURS SYMBOLIQUES » OU « COMMENT RESISTER A L’INIQUITE AVEC UNE CUISINE EN CARTON ? » OU « POURQUOI FAIRE DU RICHE AVEC DU PAUVRE ? »

Pour l’artiste, la cuisine, lieu universel, sert à accentuer un des phénomènes de la mondialisation, l’asservissement à un modèle idéal : « le confort à l’américaine ». Modèle virtuel, exposé à la vitrine télévisuelle sur toute la planète, qui exacerbe le rêve de consommer, rêve fabriqué en compensation de l’indigence symbolique des sociétés nanties.

Comme le conteur oriental, l’artiste dispose une construction précaire où se croisent deux protagonistes, le riche et le pauvre : le riche, en pseudo scientifique à l’observation indifférente envers la misère de l’autre, « mesure une réalité qui n’est pas la sienne », souligne Norton Maza. La spécialisation exacerbée de son étude, qui porte sur des rebuts, des déchets, soustrait toute humanité. Et, si, traditionnellement, les contes se concluent par l’inversion des situations, ici, la réalité qu’invoque Norton Maza ne s’oriente pas vers un happy-end où les rôles sont interchangeables. L’ « image », qu’il traduit, offre une appréciation des biens de chacun placés sur une balance au fléau faussé par un résidu d’iniquité.

Ainsi, Norton Maza confronte les valeurs établies par la tyrannie de la consommation aux valeurs inspirées par le manque et choisit des modalités qui favorisent l’échange des désirs.
Les jeux de son enfance au Chili, puis en France et à Cuba, lui ont enseigné la relativité des valeurs imposées par la société de consommation et la valeur infinie de la créativité. « On ne connaît bien que ce que l’on a vu naître » opposait Norton Maza, avec le titre d’une Installation réalisée à Santiago du Chili. Dans la précarité, la richesse est à trouver dans l’inventivité et « la puissance de l’idée » est mise à l’épreuve de la matière et des savoir-faire. Si la matérialisation peut assouvir un désir, faire œuvre doit être capable de donner du pouvoir à un objet dérisoire. Et que les matériaux parlent des hommes !
Cependant, les créations populaires à travers le monde, montrent souvent que reproduire un idéal de confort ne consiste pas à échapper à la société de consommation, mais, au contraire, participe à s’y insérer symboliquement. Et même, en copiant et inventant des ustensiles, des outils, des jouets et des objets de décoration, il s’agit de « résister à la l’appauvrissement de la vie* ».
Alors Norton Maza se demande : « la consommation d’objets est-elle un besoin inévitable de l’être humain ? »
Depuis la découverte du feu, ne peut-on pas estimer l’évolution de l’humanité, par la courbe des dépenses d’énergies et des ressources naturelles utiles à l’homme pour produire ce qui répond à ses exigences biologiques, pour se nourrir, s’abriter, se vêtir…Depuis l’ère industrielle ne peut-on pas calculer l’amélioration des conditions de la vie quotidienne à la multiplication des déchets ?

Les deux protagonistes ne peuvent résister au système qui les opprime. Finiront-ils par sombrer avec le modèle idéal et les lois du marché ? Chacun cèdera-t-il à ces valeurs, soit pour « s’implanter dans un monde tangible » (et cependant virtuel), soit, pour « projeter son jeu » social et « investir ce jeu comme un message aux autres, et un message à soi-même**» ?
S’aimer soi-même*** serait la clé du renouveau de la singularité et la créativité de chacun pour savoir aussi trinquer avec les autres dans la cuisine, qu’elle soit en carton ou en béton.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le collage de Norton Maza qui n’aurait pas pu exister sans les collectes de matériaux réalisées par un groupe de personnes de Pancevo.

Citations empruntées aux écrits suivants :
*« Objets réinventés, La création populaire à Cuba» Pénélope de Bozzi et Ernesto Oroza
**« Le système des objets » Jean Beaudrillard
***« Aimer, s’aimer, nous aimer, du 21 septembre au 21 avril » Bernard Steigler

Michèle Grellety
Déléguée départemental pour les Art plastiques de la Dordogne

lundi, août 01, 2005

· avalancha del poder

Projet en cour de réalisation
10 Photographies de 180 x 120 de 10 maquette différentes, santiago du chili, chili, 2005


· parcour du désir

12 Photographies de 130 x 90 cm.
Verre avec du sablage « dessin du monde a l’envers »
Projet d’exposition au Frac Limousin, France, 2005




· territory (deuxième étape)

3º biennale Manif d'art de quebec, canada, 2005






· territory (première étape)

11º biennale d'art de pancevo, serbie, 2004






· apnée

centre d'art contemporain "le creux de l'enfer", thiers, france, 2004 et espace françois mitterrand, ADDC, perigueux, france, 2005








· la distancia recorre un tiempo, un tiempo acabado por la distancia

centro de extension de la catolica, santiago du chili, chili, 2004